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The Kingdom of the Camels of the Lost Beach

Once upon a time, on a beautiful seaside shore, there lived a group of camels who all shared the same dream: owning a small plot of land overlooking the sea.

One day in 2007, the guardians of the project announced:

“Bring your bags of dates, and soon each of you will receive your own plot of land.”

The camels applauded.

The wealthy brought plenty of dates.

The modest contributed whatever they could.

Even emigrants sent dates from distant lands.

The project looked serious and promising.

Years passed…

2008…

2010…

2015…

2020…

2026…

Still, not a single plot of land could be seen.

Yet every year, at the general assembly, the guardians arrived with reassuring smiles:

“Good news!”

The camels rejoiced.

Then came the usual sentence:

“To move the project forward, everyone must contribute more.”

The camels looked at one another.

“And what about the land?”

“Let’s not rush things. First, let’s discuss contributions.”

Then came the grand assembly of 2026.

The chief guardian announced:

“To qualify for a plot, every camel must now possess 160,000 dates.”

A rabbit timidly raised a paw and said:

“Excuse me… At the beginning, we were told that 140,000 dates would be enough…”

The chief replied:

“That was in the past. Nowadays, dates are more dated than before, the development plan is even more outdated, and as everyone knows, the former chairman has also become outdated!”

Nobody understood the explanation.

But everyone pretended to.

Some even wrote it down in the meeting minutes.

Then came the main vote.

The chairman asked:

“What shall we do with members who have not yet reached 130,000 dates?”

A young camel suggested:

“Perhaps we could give them more time?”

Another said:

“Perhaps we could find a solution?”

A third dared to propose:

“Perhaps we could refund their money?”

The entire hall burst into laughter.

The vote began.

The camels who had already reached 160,000 dates raised their paws.

The result:

“Immediate expulsion!”

An old camel who had been contributing for almost twenty years stood up and asked:

“All right, I’m expelled. But when will I get my dates back?”

Silence.

“Next month?”

Silence.

“This year?”

Silence.

“Before I retire?”

Silence.

At last, the treasurer spoke:

“As for refunds… well… we are facing a small difficulty.”

“What kind of difficulty?”

“We no longer have any dates. The treasury is empty.”

The hall erupted in outrage.

“What do you mean, no more dates?”

“Well… some of them disappeared.”

“Stolen?”

“Let’s just say that under previous management, they changed ownership without going through the proper administration.”

The old camel thought for a moment and then asked a dangerous question:

“If my money is still with you, am I really expelled?”

At that moment, the subject was quickly changed.

From the back of the hall, an old fox murmured:

“What a curious jungle… Here, people lose their membership before recovering their money.”

The logic of the kingdom took quite a blow.

Normally, if someone still owes you money, you remain part of the story.

But in this wonderful cooperative, the rules seemed to work backwards.

Rumors even began to circulate that there were now more registered animals than available plots.

Just a rumor, of course…

At least officially.

Year after year, the same story repeated itself:

No land.

No boundaries marked.

No construction.

Yet always new contributions.

Always new thresholds.

Always new expulsions.

And always the same promises.

Meanwhile, the most naïve animals kept chasing the carrot…

Or rather, the date.

Twenty years later, some still did not know whether they would receive a plot of land, a refund, or simply a medal for patience.

Moral of the Story

When a project lasts so long that the children of the original contributors become contributors themselves, it may be time to ask whether a housing development is really being built… or merely a legend.

In the jungle, when the strongest vote on the fate of the weakest, it should come as no surprise if the weakest end up paying the price.

And when a cooperative talks more about expulsions than solutions, it may be worth asking whether the project itself is moving forward… or only the contributions.

Any resemblance between this story and the situation experienced by dozens of people from Ahfir who invested in a seaside housing project is, of course, entirely intentional.

Sometimes, naivety leads people straight into a wall.

But the saddest part is not hitting the wall.

The saddest part is continuing to vote every year to move the wall a little farther away.

 

Signed: The Chronicler of the Lost Dates.

 

 

 

 

 

 

 

Le Royaume des Chameaux de la Plage Perdue

 

 

Il était une fois, au bord d’une magnifique plage, un groupe de chameaux qui rêvaient tous du même trésor : posséder un petit morceau de terrain avec vue sur la mer.

Un jour de 2007, les gardiens du projet annoncèrent :

« Apportez chacun vos sacs de dattes et, bientôt, vous aurez votre parcelle. »

Les chameaux applaudirent.

Les riches apportèrent beaucoup de dattes.

Les modestes apportèrent ce qu’ils pouvaient.

Les émigrés envoyèrent même des dattes depuis des contrées lointaines.

Le projet semblait sérieux.

Les années passèrent…

2008…

2010…

2015…

2020…

2026…

Toujours aucun terrain.

Mais à chaque assemblée générale, les gardiens arrivaient avec un sourire rassurant :

« Bonne nouvelle ! »

Les chameaux se réjouissaient.

« Pour avancer, il faut encore cotiser. »

Les chameaux se regardaient.

« Et le terrain ? »

« Ne brûlons pas les étapes. Parlons d’abord des cotisations. »

Vint alors la grande assemblée de 2026.

Le chef des gardiens annonça :

« Pour espérer obtenir une parcelle, chaque chameau doit désormais posséder 160 000 dattes. »

Un lapin leva timidement la patte :

« Excusez-moi… Au départ, on nous avait parlé de 140 000 dattes… »

Le chef répondit :

« C’était avant. Aujourd’hui, les dattes sont plus datatées qu’avant, le plan d’aménagement est encore plus redataté, et comme tout le monde le sait, l’ancien dirigeant de l’association s’est lui aussi dataté… »

Personne ne comprit cette explication, mais tout le monde fit semblant.

Personne ne comprit davantage, mais tout le monde nota la phrase dans le procès-verbal.

Puis arriva le vote principal.

Le président demanda :

« Que faisons-nous des membres qui n’ont pas atteint les 130 000 dattes ? »

Un jeune chameau proposa :

« Peut-être leur laisser du temps ? »

Un autre suggéra :

« Peut-être chercher une solution ? »

Un troisième osa dire :

« Peut-être leur rembourser leur argent ? »

La salle éclata de rire.

On procéda alors au vote.

Les chameaux possédant déjà 160 000 dattes levèrent la patte.

Résultat :

« Radiation immédiate ! »

Un vieux chameau, qui cotisait depuis près de vingt ans, demanda alors :

« Très bien. Je suis radié. Mais quand vais-je récupérer mes dattes ? »

Silence.

« Le mois prochain ? »

Silence.

« Cette année ? »

Silence.

« Avant ma retraite ? »

Silence.

Finalement, le trésorier prit la parole :

« Pour le remboursement… comment dire… nous traversons une petite difficulté… »

« Laquelle ? »

« Nous n’avons plus de dattes. La caisse est vide. »

La salle explosa.

« Comment ça, plus de dattes ? »

« Eh bien… certaines ont disparu. »

« Volées ? »

« Disons qu’avec les anciens dirigeants, elles ont changé de propriétaire sans passer par l’administration. »

Le vieux chameau réfléchit quelques instants puis posa une question dangereuse :

« Si mon argent est toujours chez vous, suis-je vraiment radié ? »

Un vieux renard, assis au fond de la salle, murmura :

« Curieuse jungle… Ici, on perd sa qualité de membre avant même de récupérer son argent. »

La logique de la forêt en prit un coup.

Car normalement, lorsqu’on vous doit encore votre argent, vous faites toujours partie de l’histoire.

Mais dans cette coopérative merveilleuse, les règles semblaient fonctionner à l’envers.

On racontait même qu’il y avait désormais plus d’animaux inscrits que de parcelles disponibles.

Une simple rumeur, bien sûr…

Enfin, officiellement.

Chaque année, le même scénario se répétait :

Pas de terrain.

Pas de bornage.

Pas de travaux.

Mais toujours de nouvelles cotisations.

Toujours de nouveaux seuils.

Toujours de nouvelles radiations.

Et toujours les mêmes promesses.

Pendant ce temps, les animaux les plus naïfs continuaient à courir derrière la carotte…

Ou plutôt derrière la datte.

Vingt ans plus tard, certains ne savaient toujours pas s’ils allaient recevoir un terrain, un remboursement… ou simplement une médaille pour leur patience.

Morale de l’histoire

Quand un projet dure tellement longtemps que les enfants des premiers cotisants deviennent eux-mêmes cotisants, il est peut-être temps de vérifier si l’on construit réellement un lotissement… ou simplement une légende.

Dans la jungle, lorsque les plus forts votent sur le sort des plus faibles, il ne faut pas s’étonner que les plus faibles finissent par payer l’addition.

Et lorsqu’une coopérative parle davantage de radiations que de solutions, il est peut-être temps de se demander si le projet avance réellement… ou si ce sont seulement les cotisations qui avancent.

Toute ressemblance avec la situation vécue par des dizaines d’Ahfiriens ayant investi dans un lotissement au bord de la mer serait, bien entendu, purement volontaire.

Car parfois, la naïveté pousse les gens à foncer tout droit dans un mur.

Le plus triste n’est pas de percuter le mur.

Le plus triste est de continuer à voter chaque année pour le déplacer un peu plus loin.

 

Signé : Le Chroniqueur des Dattes Disparues.

 

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