Avant de commencer à écrire ces lignes, ce sujet me paraissait immense comme une montagne. Pourtant, je m’y suis accroché malgré tout.
Le 9 mai est la Journée de l’Europe. Ce jour-là, les Européens, près de 490 millions de personnes, célèbrent leur niveau de développement et leur mode de vie, considérés comme exemplaires en matière de paix, de prospérité, de justice et de démocratie. C’est également l’occasion d’évaluer le parcours de leur Union européenne, composée de 27 États, et souvent présentée comme une réussite.
Il est tout à fait compréhensible et mérité que les Européens célèbrent une telle journée, compte tenu des nombreuses raisons historiques et contemporaines qui expliquent cette réussite.
L’objectif de ce modeste texte est cependant de répondre à deux questions :
Est-il logique que les communautés musulmanes arabes vivant en Europe célèbrent elles aussi cette journée ?
Les musulmans apportent-ils aujourd’hui à l’Europe une contribution suffisamment positive pour participer à cette célébration ?
Selon mon humble avis, les musulmans établis en Europe ne sont pas encore dans une position qui leur permettrait de célébrer pleinement le 9 mai. Il conviendrait d’attendre, avec patience, que les gouvernements européens instaurent d’abord une hypothétique « Journée du retard et des retardataires vivant en Europe ». Ce jour-là, les musulmans pourraient alors célébrer leur propre journée.
Cette dernière remarque relève évidemment de la satire, mais elle traduit un malaise réel.
Dans plusieurs pays européens accueillant d’importantes populations musulmanes, comme la France, l’Espagne, la Belgique ou les Pays-Bas, la situation de nombreuses communautés musulmanes ne valorise pas toujours leur image.
Nous pouvons accuser le citoyen européen de racisme ou d’hostilité envers les étrangers, notamment ceux d’origine arabe ou musulmane. Mais n’est-il pas plus juste de commencer par nous regarder nous-mêmes dans un miroir, avant de multiplier les accusations ?
Le problème, selon l’auteur, ne réside pas dans l’islam comme religion de valeurs, de morale et de savoir, mais dans le comportement d’un certain nombre de musulmans qui contribuent eux-mêmes à susciter le rejet ou l’incompréhension.
Beaucoup restent fortement attachés aux habitudes et aux mentalités de leurs pays d’origine. Ils continuent à vivre en Europe comme s’ils étaient encore dans leur société d’origine, sans toujours adapter leur vision du monde au contexte européen.
L’Europe est parfois perçue uniquement comme un espace où l’on bénéficie de services publics, d’aides sociales et de soins médicaux, sans accepter pleinement ses règles, ses institutions et certains aspects de son mode de vie.
L’auteur cite plusieurs exemples de tensions fréquemment évoquées :
le refus de certains hommes de faire soigner leurs épouses ou leurs filles par un médecin masculin ;
les désaccords autour du port du voile ou du niqab dans certaines institutions ;
les contestations de certaines réglementations concernant l’abattage rituel ;
les frustrations liées à l’emploi ou à l’accès à certaines fonctions ;
les débats concernant la construction de minarets.
Selon lui, ces situations renforcent l’idée, chez certains Européens, que les musulmans refusent de s’intégrer aux normes de la société dans laquelle ils vivent.
L’auteur évoque également plusieurs problèmes qui, selon lui, nuisent à l’image des communautés musulmanes :
l’absence de réalisations remarquables dans de nombreux pays arabes en matière de démocratie, de justice sociale ou de recherche scientifique ;
l’état parfois précaire de certains lieux de culte en Europe ;
les rivalités idéologiques et politiques entre différentes tendances musulmanes ;
des discours religieux peu adaptés au contexte européen ;
la faible maîtrise de la langue du pays d’accueil ;
le manque d’attention porté à l’apparence, à la propreté ou à l’entretien de certains espaces fréquentés par les communautés immigrées ;
certains comportements collectifs jugés perturbateurs dans l’espace public ;
et la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration dans certaines statistiques liées à la délinquance, selon l’auteur.
Face à cela, il pose une question centrale : les communautés musulmanes participent-elles réellement au progrès et au développement de l’Europe ?
Sa réponse est négative. Il estime que leur contribution reste insuffisante et que leur influence positive demeure limitée.
À ce sujet, il cite le penseur marocain Mehdi El Mandjra, qui affirmait :
« Le problème n’est pas l’avenir de l’islam en Europe. Cette religion continuera à se développer comme elle l’a toujours fait. Ce qui est préoccupant, c’est plutôt l’avenir des musulmans en Europe. »
L’auteur conclut en affirmant que les peuples et les gouvernements européens peuvent légitimement célébrer le 9 mai, tandis que les musulmans demeurent encore, selon son analyse, en marge du progrès et de la civilisation moderne.
Par : Monir El Ghiwani

