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Radio Oujda

La création de la radio régionale d’Oujda remonte aux années 1960, plus précisément à l’année 1962. Cet événement constitua alors une étape historique importante. Elle figure parmi les plus anciennes stations régionales du Maroc, après celles de Tanger et de Casablanca.

À cette époque, cette radio permit de donner une voix à la région de l’Oriental, d’offrir un espace de communication, de diffuser les informations locales et de couvrir les différents événements, manifestations et activités organisés dans la région.

Je me souviens qu’à ses débuts, la durée quotidienne de diffusion ne dépassait pas trois heures. Une grande partie de ce temps était consacrée à la diffusion de chansons marocaines dans le cadre de l’émission intitulée « Les souhaits des auditeurs » ou « Les demandes des auditeurs ».

Parmi ses premiers collaborateurs figuraient Messieurs Al Abed Essoudi Al Qorchi, Kacem Ajdayine et le regretté Yahya Al Kourari. Parmi les techniciens, on comptait également deux natifs d’Ahfir : Messieurs El Monour Qadad et Abdelhamid Mimouni, qui doivent aujourd’hui être à la retraite.

Il convient de souligner qu’une répartition des tâches existait entre les membres de la station. Ainsi, la gestion, l’administration, les relations publiques et les couvertures médiatiques importantes relevaient principalement de M. Al Qorchi. Quant à M. Ajdayine, il s’occupait notamment de la présentation des informations, de certains reportages et de la retransmission des rencontres sportives. Le regretté M. Al Kourari était, pour sa part, chargé de la communication avec les auditeurs ainsi que de plusieurs émissions culturelles et sociales telles que « Échos », « Magazine du mercredi » et « Parcours d’une plume et d’une mélodie ». Il se distingua particulièrement grâce à deux émissions humaines devenues célèbres : « Dans les bras de ma patrie » et « Félicitations et vœux ».

Durant de nombreuses années, Radio Oujda bénéficia d’une grande estime auprès de ses auditeurs grâce à la qualité de ses programmes dans de nombreux domaines. Plusieurs de ses animateurs et collaborateurs acquirent une solide réputation.

Parmi les personnalités qui contribuèrent le plus à sa renommée figurent notamment Al Abed Al Qorchi, Kacem Ajdayine, à qui nous souhaitons un prompt rétablissement, les regrettés Yahya Al Kourari et Mohamed Ben Ammara dans le domaine de la poésie, Idriss Tiyal pour les programmes religieux, Farid Riyahi pour la langue et la littérature, ainsi que Hammad Zarrouki pour l’animation scolaire, sans oublier bien d’autres.

Je me rappelle ici un incident amusant survenu lors d’un concours culturel animé par Al Qorchi. Un jour, à la fin des années 1960, il avait invité l’un de mes camarades du lycée Abdelmoumen. Après avoir posé une question sur le plus célèbre torero d’Espagne, mon ami M. Idrissi ne trouva pas la réponse. Al Abed lui expliqua alors que ce torero, nommé « El Cordobés », était extrêmement célèbre. Notre camarade lui répondit aussitôt avec humour : « S’il est célèbre auprès des Espagnols, il est totalement inconnu chez les Idrissi ! »

Je me souviens également d’une édition de l’émission « Entre les établissements secondaires », organisée à Berkane dans les années 1970 entre le collège d’Ahfir et le collège Ibn Rochd, sous la supervision et l’animation de M. Mohamed Hammad Zarrouki, membre du corps enseignant d’Oujda. J’étais présent à cette occasion et j’ai pu assister à une ambiance de compétition intense, d’activité débordante et d’enthousiasme remarquable entre les élèves des deux établissements. Chaque équipe avait ses supporters qui l’encourageaient par des applaudissements, des chants et des slogans.

Où sont aujourd’hui cette ambiance passionnée, cette animation culturelle et cet esprit de compétition saine et loyale ?

L’étoile de la radio régionale a progressivement pâli sous l’effet de plusieurs facteurs, dont le plus important est sans doute la révolution des moyens de communication et l’essor des technologies modernes de l’information.

 

Amar Bellahcen

(03/11/2010)

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