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Le vieux tarab populaire

Lorsque nous étions enfants, nous ne disposions que de la radio et du phonographe pour nous divertir et écouter les émissions, les nouvelles et les chansons diffusées à l’époque.

La télévision n’avait pas encore fait son apparition, ou du moins n’était pas encore répandue, et les autres moyens modernes de communication n’existaient même pas dans l’imagination de ceux qui allaient les inventer.

Je me souviens que nous étions passionnés par les chansons populaires alors en vogue, particulièrement marocaines et algériennes.

Nous passions de longs moments à écouter avec plaisir les œuvres des grands artistes du tarab populaire :
Houcine Slaoui, Rabah Driassa, Mohamed Fouiteh, El Hadj El Anka, Ahmed El Bidaoui, Khlifi Ahmed, Hajja El Hamdaouia, Ahmed Wahbi, Nora… et bien d’autres pionniers de la chanson maghrébine.

Je ne cache pas que j’éprouvais une immense joie à écouter ces morceaux, ces rythmes et ces mélodies aux couleurs variées. Nous étions profondément attachés à cet art populaire authentique, qui nourrissait en nous un sentiment de fierté culturelle, à l’époque où nous commencions à vivre les premiers jours de liberté et d’indépendance.
Ces musiques faisaient partie de notre identité, de notre mémoire et de notre patrimoine.

Nous étions particulièrement charmés par les plus beaux mawawil et les plus belles mélodies interprétées par des artistes comme Khlifi Ahmed, Houcine Slaoui, Rabah Driassa ou El Hadj El Anka. Leur art avait un impact profond sur nous, sans distinction ni préférence : seule comptait la beauté de la voix, la qualité de l’interprétation et la maîtrise du rythme.

Il faut également mentionner un autre genre de tarab populaire que nous aimions passionnément : celui des cheikhs et des arfa, qu’ils soient de l’Oriental marocain ou de l’Ouest algérien. Pour nous, Cheikh Ahmed, Younsi, Ténissani, Hamada ou Cheikha Rimitti étaient tous égaux dans l’art et la valeur.

Impossible d’ignorer la renommée immense de Cheikha Rimitti, dont les chansons résonnaient dans toutes les cafés. Ses morceaux, profondément enracinés dans la culture populaire, étaient accueillis avec enthousiasme et admiration.
Beaucoup de nos habitants continuent d’ailleurs à apprécier ce style musical.

Je me rappelle qu’au début des années 1970, certaines cafés d’Ahfir diffusaient encore ses chansons, répondant au désir des amateurs de ce tarab. Cette artiste a joué un rôle majeur dans la naissance et la diffusion de ce qui deviendra plus tard le raï. Ses mélodies et ses compositions ont été reprises librement, sans réserve ni limite.

Amar Bellahcène – 28 avril 2010

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