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12 01 2017 - 11:43


 


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Cafs maures
Par A. L. alias Abou Youssouf al maghribi

Le dlice, les armes , les roses, lEden, les chemins lysens , que de sublimes qualits , des noms joliment niells sur les fronteaux de nos boulevards .
un joli parcours de noms nous rappelant les tapes , les escales des oasiens, des hommes bleus sentant lambre et le mystre . des noms et des noms, pour qualifier des espaces , o sentassent des ttes souvent noires, sirotant des noss-noss (caf au lait), fumant en chur, parlant tous au mme temps, faisant ptir des nos fumeurs, qui fument de rage , la tte entre les mains, pour crer un microcosme de silence, en sifflant une dose de caf souvent noir, noir tasse, en essayant dimiter des ttes blondes , en essayant dtre civilis branch dans le modernisme . Alors on parle voix basse en vitant de dvisager les autres par des balayages de 180 degrs.

De temps autre des ttes blondes ou fausses blondes gnres par la teinture et leau oxygne pour ressembler des Roumiates qui seraient venues du nord.

Des fois des rejetons, danciens clons qui ont longtemps partag le langage des bougnoules, des mabouls sous le soleil de lOranie o les jolis terroirs se souviennent, du sang du feu, des larmes avaient coul : dchirement, dracinement, miroirs identitaires briss, tant dhistoires inacheves Yasmina Khadra nous a racont ce que le jour devait la nuit, malheureusement Emilie est morte en emportant son chagrin damour avec elle. Morte sans raconter la belle de Saint Jean venue au monde quelques annes plus tard les sparations, la rupture qui tait un drame ncessaire.

Des tables entoures par des carcasses, dgagent la fume, des palabres, des palabres, ils cherchent le vide, le nant, passant leurs temps discuter le sexe des anges et des fourmis.

Sans raison citoyenne aucune, ils occupent lespace, le boulevard, la Mdina enfin le centre ville.

En horde criarde, tape lil, ils envahissent les terrasses des cafs le long du boulevard, encombrent la zone rserve aux pitons qui galrent pour se faire un chemin entre les chaises, entasses colles les unes aux autres et les btes mcaniques (cyclomoteurs et bicyclettes), faisant une seule pte regorgeant de bruit et dodeur de la cigarette souvent achete en dtail et grille, en se concentrant sur une grille de mots flchs et bien sur en sirotant la fameuse Noss_Noss.

Les discussions oiseuses, les paroles sentrechoquent, dans un mouvement Brownien attis par leffet Aljazira, Messi et les sujets ternels : le crime, le sexe, ladultre, et les faits divers. Ces discours puisent leur me des journaux trottoir et de leffet de transmission orale , loralit tant entretenue par nos conservateurs qui aiment beaucoup Al qalqala et Al 3an3ana ils ont dit , daprs foulane , pour reprendre les termes chers Abou Abir.

En fait, rien na chang, au lieu dattacher les mules et les nes dans la cour carre du foundouq, ils le refont avec leurs btes mcaniques, ils gnent normment le passage.

Quel gchis ! La vie citadine, la beaut de lenvironnement pour une autre gnration, peut tre ?
Buveurs de noss-noss, fumeurs collectifs, liseurs de journaux , lil bien sr , les quotidiens lus et relus force dtre feuillets ils deviennent chiffons
Ils toussent volont, ternuent, en prenant soin de tourner la tte vers la table d ct pour lcher la bombe virale de souche automnale sur les voisins vos mouchoirs !

Ils stirent les mains, derrire la tte comme un ptre des hauts plateaux tenant sa canne et scrutant lespace infini couvert par le froid et la solitude. En faisant ce geste ils crucifient la libert des autres.

Par des gestes raffins , ils loignent leurs cigarettes pour enfumer, empoisonner les voisins, ils sont libres, ils ont pay, drles de pollueurs payeurs !
Bref, des fumoirs, des parloirs

Ils sameutent par instinct grgaire, mangent des ppites et des cacahutes en jetant les restes par terre ; tout en tenant leur logorrhe quotidienne.

Les dbris des paroles heurtent les tympans, senchevtrent avec la fume et tapent sur les nerfs, ruinant ainsi toute forme de repos Ces cafs maures !
A quand naissent des cafs littraires, philosophiques pour dclasser ces dpotoirs de malaises dune socit atteinte dun strabisme multidirectionnel : politique, religieux, cultuel et . quand des espaces non fumeurs, sains, calmes pour gurir les mes, pour une vraie dtente.

Lesthtique de lespace urbain est mconnue, les responsables, font des descentes de temps autre pour faire reculer les chaises, pour quelques jours,
Par un effet miraculeux,lespace est recolonis par les buveurs de noss-noss,les fumeurs en chur qui nhsitent pas dvoiler les femmes,et peut tre ,ils les dshabilleraient en fantasmant et en mangeant des ppites quel horreur !

Le dsordre dans les terrasses ,les rues pitonnes ,,dans une ville que lentropie croissante la transform en grand village ou un immense faubourg o les hommes ,les btes et les charrettes se ctoient au vingt et unime sicle.

* Premire publication sur le site tait en dcembre 2010 -




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