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06 01 2017 - 08:51


 

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L'altruisme est-il une forme d'gosme ?


Introduction
La question interroge la nature relle de l'altruisme : s'agit-il d'un comportement pur, sincre, spontan, simple, univoque ? L'altruisme est-il un dvouement vritable pour l'autre, sans arrire-pense, sans calcul ?
Ou au contraire, l'altruisme est-il une sorte de ruse involontaire, un comportement complexe, recouvrant des intentions qui entreraient en contradiction avec l'intention affiche ? L'altruisme serait alors une apparence, une faade, un masque qui cacherait, bien involontairement, la ralit inexorablement goste de la nature humaine.
Ainsi formule, la question ne me parat pas susceptible d'une rponse directe. Rpondre cette question supposerait que l'on puisse clarifier les motivations profondes qui animent un individu. On peut exclure la supercherie ou le mensonge de celui qui minerait consciemment l'altruisme pour obtenir un avantage indu. Mais mme en tant sincre ses propres yeux, il apparat difficile d'tablir mme pour soi-mme le caractre ultimement intress ou dsintress de tel ou tel de nos comportements.
Je souhaiterais poser une question antcdente celle qui a t dbattue : Qu'est-ce que l'altruisme ? Quelle relation entretient-il avec son contraire, l'gosme ? Est-ce partir de ce couple de terme qu'il convient de poser la question sous-jacente au dbat: la question de la dtermination du bien moral ?

Les dfinitions de la notion sont sur de point ambigus :
Ensemble des impulsions sociales qui s'opposent aux impulsions personnelles.
Disposition agir en vue de l'intrt d'autrui, plutt qu'en vue du sien propre.
Thorie du bien qui pose au point de dpart l'intrt de nos semblables en tant que tel, comme but de la vie morale.
Les termes "impulsions" et "disposition" doivent retenir notre attention. Ces termes dsignent des caractristiques individuelles, des tats de fait psychologiques, des habitudes innes ou acquises.
L'altruisme ne serait pas d'une nature de diffrente, dans ce cas, de l'gosme. Il s'agirait de deux caractristiques psychologiques, soit exclusives l'une de l'autre, soit combines entre elles, mais qui ne tmoigneraient l'une et l'autre d'aucun mrite moral particulier.
La troisime dfinition tient pourtant l'altruisme pour une dfinition du bien, donc pour une norme, un but poursuivre.
Mais n'y a-t-il pas ici confusion entre un fait et une norme ?
La question du rapport entre altruisme et gosme renvoie donc celle de la dfinition du bien moral.
Un type de comportement dit "altruiste" peut-il suffire dfinir le bien moral ? Ou faut-il rechercher une dfinition du bien partir d'une norme, c'est--dire d'une loi indpendante dans son origine des dispositions individuelles ?

A - Les prsupposs de l'altruisme.
1 - Le terme "altruisme" apparat sous la plume d'Auguste Comte, dans le Catchisme positiviste, en 1852. Il s'inscrit dans le projet d'une religion sociale sans Dieu.
Il s'agit de fonder le sentiment d'appartenance la socit sur un prcepte s'opposant l'gosme : "Vivre pour autrui."
Ce sentiment doit tre cultiv par l'ducation.
Mais il repose sur un fondement biologique, si l'on en croit Littr, disciple de Comte. L'altruisme provient "de la ncessit d'aimer impose fondamentalement par l'union des sexes pour que l'humanit subsiste comme espce".
Texte du site Mmo histoire, "L'altruisme".

2 - L'altruisme suppose une conception "organique" de la socit. Chaque membre de la socit doit prendre conscience du lien vital qui l'unit ses contemporains et ses prdcesseurs. Les hommes sont interdpendants, comme le sont les organes d'un tre vivant. Ni les uns ni les autres ne peuvent subsister seuls.
L'altruisme est donc la simple manifestation psychologique de ce qui nous relie ncessairement aux autres, que nous me voulions ou non.
Le Positivisme de Comte fait reposer la dfinition du bien moral sur la science, et prcisment sur la biologie.
Nous n'avons pas "tre altruiste", mais plutt laisser l'altruisme naturel se dvelopper en nous.

3 - Altruisme et gosme forment donc un couple de contraires indissociables.
Il s'agit de dispositions spontanes, de traits de comportement que l'on peut objectivement reprer.
La dtermination du bien moral partir de ce couple de termes peut tre cependant tre discute.
Une telle dfinition du bien suppose que les hommes ne seraient finalement pas tous appels agir selon le bien, puisque tous n'auraient pas les mmes dispositions l'altruisme.

B- Une morale du respect, plutt qu'une morale du sentiment.
1 - La conception de Comte met en question une notion chre aux penseurs des Lumires, celle de l'autonomie.
Etymologiquement, l'autonomie consiste l'aptitude de tout homme de se donner sa propre loi (nomos, en grec).
L'homme n'agit pas seulement selon des lois physiques, biologique ou psychologiques. Il agit par la reprsentation de lois, par la dtermination de son action en vertu d'une rgle qu'il se donne.

2 - La loi n'est pas la constatation d'un fait, elle pose une norme, un devoir-tre, une valeur mettre en uvre.
Au prcepte comtien "Vivre pour autrui", on peut opposer la formulation que Kant donne de la "loi morale" :
"Agis de telle sorte que la maxime de ta volont puisse toujours valoir en mme temps comme principe d'une lgislation universelle".
Critique de la facult de juger.

Ce qui fonde la morale, ce n'est pas l'universalit suppose de l'objet de mon amour, "autrui", "l'humanit". Cette universalit est en fait une gnralit vague. L'amour prconis est difficile mettre en uvre, dans la mesure o je n'ai affaire qu' des individus toujours particuliers.
Ce qui fonde la morale, c'est une loi universelle, une loi qui s'impose rationnellement ma raison, et qui me commande catgoriquement.
Cette loi dtermine la fois l'intention bonne, l'action par devoir, mais galement l'action au moins "conforme au devoir" que l'on peut attendre de tout citoyen, dans le cadre du droit.
Cette loi morale commande tous les "tres raisonnables" sans exceptions, car tous sont aptes se donner cette loi pour maxime de leur action.
La morale ne relve donc en rien de telle ou telle disposition psychologique, elle ne suit pas les variations du cur, car elle est dtermine non pas par le comportement objectivement constat, mais par la norme universelle qui doit commander l'intention.
Texte des Fondements de la mtaphysique des murs, Premire section "Etre bienfaisant...".

3- Kant n'exclut pourtant pas l'existence d'un "amour" accompagnant la conduite vertueuse.
Mais cet amour n'est pas la cause de la vertu morale, mais sa consquence.
Ce n'est pas l'altruisme qui me porte agir de faon dsintresse en faveur des autres, c'est au contraire parce que je suis la loi morale que va apparatre en moi un sentiment envers les autres.
Nous avons un devoir de "bienveillance" et de "bienfaisance" envers les autres, devoir auquel nous pouvons nous dterminer quel que soit nos sentiments .
Mais l'amour ne se commande pas, il ne peut donc y avoir un "devoir d'aimer".
Texte de la Doctrine de la vertu, p. 73, 74.

Conclusion
L'altruisme est un comportement objectif, un fait psychologique qui se distingue de l'gosme comme son oppos, son symtrique. Altruisme et gosme relvent d'une approche objective de l'homme, le rduisant son comportement, lequel serait prvisible et calculable.
Le respect de la loi morale, qui commande le respect de tout homme, (ne jamais tenir autrui pour un moyen mais toujours pour une fin en soi, crit Kant), fournit une dfinition plus universelle et plus prcise du devoir moral, mettant en valeur l'autonomie de la personne.

On pourrait prolonger la rflexion en se demandant si la "sagesse" n'est pas plus essentielle pour l'homme que la vertu morale. La sagesse stocienne, telle que la formule Epictte dans son Manuel invite distinguer "ce qui dpend de nous" et "ce qui n'en dpend pas". Le sage doit s'efforcer de limiter ses dsirs ce qui dpend de lui , savoir la rectitude de ses penses. Il vise l' "ataraxie", l'indiffrence, l'absence de troubles, la quitude, et ne cherche ni "vivre pour autrui", ni accomplir un devoir moral prenant la forme d'une loi morale universelle. Il n'est est pas pour autant goste, car "il n'aura pas d'ennemi", tenant ceux qui lui cherche querelle pour des ignorants , et non pour des coupables.
L'indiffrence envers autrui est elle aussi une vertu, au sens o elle tmoigne de notre puissance sur nous-mmes, sur nos passions, sur nos attachements, et nous rend disponible pour recevoir l'autre en ami.
Texte d'Epictte Manuel chap. 1, 2 ,3.
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Source :




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1956. ..
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2017-01-07
32 : 12
Bonjour,
Lhomme ne peut tre ni totalement goste, ni totalement altruiste. Dans son comportement il est command par une nature qui ramne toute action entreprise par lui sa satisfaction. Cest cette recherche dune satisfaction dailleurs qui peut tre ngative ou positive ou les deux la fois selon les jugements que lon y porte- qui dtermine son action. Ainsi, il peut tre altruiste, cependant, non totalement et intgralement dsintress, car il est mu par la recherche de la satisfaction, ne serait-ce que personnelle quil en tire. Quand je rends service, tout en tant moi-mme convaincu que je le fais que par altruisme, il nen demeure pas moins que jen ressens une satisfaction qui me procure de la fiert que, dans la mesure du possible tel que conu par ma personnalit et ma structure mentale, je nhsiterais pas faire valoir auprs non seulement de moi-mme, mais aussi des autres. Autrement dit, je me sens combl quand lautre reconnait en moi un (son) bienfaiteur. Laltruisme pur aurait t que je ne ressentirais rien de tel voire mme de lindiffrence. Mais l jaurais atteint la plnitude de lautosuffisance, ce qui nest que lattribut exclusif de Dieu.
ADM18271

2017-01-06
45 : 15
Raction chaud aprs une premire lecture du texte, qui ne discute pas forcment son contenu :
Sommes-nous tous altruistes, comment apprhender cette vertu, la dvelopper. Etre altruiste est-il en mesure termes capable de transformer nos modes de vie, notre entourage voire mme le monde.
Tant de question en plus de son origine suppose, biologique ou psychologique ou autre, en loccurrence sociologique. A linstar de Rousseau dans Discours sur lorigine et les fondements de lingalit parmi les hommes qui essaye de montrer Tout ce qui rsulte immdiatement des facults de lHomme ne doit-il pas tre dit rsulter de sa nature , Rousseau a essay de montrer que les facults que lon prte lhomme ne lui sont pas immdiatement donn mais rsultent de sa socialisation.
Le ct de la morale ici est absolument indniable, quelle soit la cause ou la consquence de lexistence de cet amour pour autrui. On peut constater que les plus altruistes sont ceux qui considrent lUnivers comme un et indivisible, on trouve des Bouddhistes, des astrophysiciens, des mdiums, ceux qui considrent la goutte deau comme une petite sur (Comme disait Albert JACQUART) ou ceux qui se considrent comme poussire dtoiles, sans oublier aussi des religieux (au sens pratique religieuse) qui paradoxalement ne pratiquent pas laltruisme dans sa forme pure mais avec un certain gosme, car le font gnralement par pur profit commercial!! Ou de manire assez restrictive, par rapport dautres qui sont altruistes car convaincus que lautre enfin de compte cest eux.

ADM18269

 

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